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L'histoire du village

Le village de la Touche Carnée semble s'être développé à proximité de la voie romaine n°6 (Lisieux->Locmariaquer).

Au moyen-âge, la Touche Carnée était une ancienne étendue de terres placée sous la juridiction d'un châtelain qui avait le droit de prononcer des peines de mort. Un champ situé au-dessus de la Touche Carnée est d'ailleurs intitulé "Landes de la Justice", c'est sans doute ici qu'étaient exécutés les condamnés.

Dès le 14ème siècle, cette seigneurie appartenait à la maison de Carné qui la vendit vers 1638 aux seigneurs du château du Crévy, dont elle a longtemps dépendu; un souterrain entre ces deux lieux a également été visible pendant de nombreuses années. Récemment, le manoir de la Touche Carnée (maison de Carné ci-dessus) avec sa tour du 14ème vient d'être entièrement restauré.

Les habitants de la fin du 16ème-début du 17ème siècle ont laissés 2 souvenirs. Il s'agit de 2 croix : l'une à l'entrée du village et l'autre quelques mètres après la Voie Verte (voir plan). Il s'agit de 2 croix monolithes en granit. La première a été érigée en 1683 et mesure 3,68 m de haut. Récemment, celle-ci a été rénové par les habitants du village. La deuxième croix, quant à elle, a été érigée en 1705 et mesure 3,65 m de haut.

Au 18ème siècle, la route venant de Ploërmel, descendait vers l'Oust, qu'elle traversait et continuait par le village de la Touche Carnée pour arriver au Roc-Saint-André. A ce siècle là, on comptait environ 420 habitants à la Touche Carnée.

Au 19ème siècle, on pouvait trouver un moulin à la Touche Carnée : le moulin de Pouho, situé en bordure du canal de Nantes à Brest. Anciennement, moulin à papier, il est vite devenu vers 1840, un moulin servant à moudre les céréales. Ce moulin s'arrêtera de tourner entre 1926 et 1928.  En plus de la mouture des céréales, les meuniers étaient chargés d'assurer le transport de marchandises par l'intermédiaire de barges à fond plat, entre la commune de Montertelot (située en face du moulin) et le village. Il subsiste d'ailleurs à la Touche Carnée l'ancien quai d'accostage, aujourd'hui en partie ruiné. En 1936, le village de la Touche Carnée sera électrifié et en 1993 a eu lieu la réfection de la route du bourg à la Touche Carnée.

Une ligne de chemin de fer a  traversé le village à partir de juin 1881. Autrefois, cette ligne permettait de relier la Touche Carnée à Vannes en passant par Questembert. Désaffectée en 1991, la ligne de chemin de fer a, pendant de nombreuses années, gardée ses rails. Ceux-ci seront enlevés en 1996 pour permettre la réalisation d'une Voie Verte financée à 40% par l'Europe, 20% par l'Etat, 10% par la région Bretagne et 30% par le département du Morbihan pour un montant total de 3,05 millions d'euros (20 millions de francs). Cette Voie Verte (aussi appelée Transmorbihannaise Verte) relie depuis le 30 juin  2002, la ville de Questembert à celle de Mauron (soit 53 kms de piste cyclable) et traverse 11 communes (Questembert, Molac, Pleucadeuc, Malestroit, Saint-Marcel, Sérent, Val d'Oust, Ploërmel, Loyat, Néant sur Yvel et Mauron). D'ici quelques années, cette ancienne voie ferrée pourrait bien devenir une artère vitale pour la promenade et les loisirs, et un itinéraire de randonnée permettant de percevoir les richesses du Morbihan.

Depuis le 1er janvier 2016, le village de la Touche Carnée est rattaché à la commune nouvelle du Val d'Oust, issue de la fusion des communes du Roc Saint-André, la Chapelle-Caro et Quily. Il se situe désormais au coeur de cette nouvelle unité administrative.
 

Le village de la Touche Carnée sous Napoléon (1829) :
et le village de la Touche Carnée actuel :

Les Celtes ont, semble t-il, laissé une trace de leur passage dans le village de la Touche Carnée. En effet, plusieurs ouvrages du 19ème siècle mentionnent l'existence d'un dolmen ou d'un dolmen à moitié ruiné, voire même d'un menhir suivant les auteurs. Seule sa localisation géographique est  identique d'un livre à l'autre : le champ de terre, plus connu sous l'appellation du Terra.

Cette pierre a aujourd'hui disparu du paysage, victime vraisemblablement du remembrement de 1987, et de la mémoire des habitants, y compris des plus anciens.

Quelques légendes ou histoires sur les menhirs et dolmens circulent en pays gallo, et il n'est  pas impossible que notre dolmen en question en ai fait les frais.

Une légende raconte que durant la nuit de Noël les menhirs s'en vont boire à la rivière et qu'il s'agirait alors du seul moment pour aller récupérer le trésor qu'ils cachent. Cependant, ces pierres ne prenant la fuite que du premier au douzième coup de minuit, même les plus audacieux n'ont pas le courage d'aller jeter un oeil sous les menhirs.

Au début du 19ème siècle, à quelques dizaines de kilomètres du village de la Touche Carnée, des habitants avaient entendu parler d'un trésor caché sous un dolmen. Afin de ne pas être écrasé par le dolmen lors de son retour, les habitants l'avaient préalablement brisé puis mis à l'écart. Les habitants étaient alors tranquilles pour découvrir le fameux trésor, mais leurs recherches furent vaines, laissant derrière eux un dolmen ruiné.

Cette dernière histoire pourrait expliquer les divergences d'état du dolmen/menhir attestées par les auteurs des différents ouvrages, à moins que cette pierre ait une toute autre signification...

En effet, cette pierre vient s'aligner dans une ligne mystérieuse entre le manoir de la Touche Carnée et le château du Crévy, édifices entre lesquels existait un souterrain, et il est bien possible que cette pierre en indiquait l'entrée.